La Pavane

Trois figures costumées, comme tout droit sorties du placard, rejouent à l’ombre d’un jardin les jeux furieux du regard occidental, au rythme lent d’une pavane.

Le soleil éclaire ce bout de jardin comme il avait éclairé un autre jardin, le jardin renaissant, en Italie au XVème siècle. Dans ce jardin, nous avons appris à regarder et à désirer le monde. Nous avons inventé les artistes. Et nous avons inventé les conquistadors.  Nous avons inventé les artistes pour qu’ils nous dessinent le monde et les conquistadors pour qu’ils nous le possèdent. Rien de nouveau sous le soleil : nous nous sommes habitués à ce nouveau regard et à ce Nouveau Monde, devenus les nôtres. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.

Petit spectacle en jardin, La Pavane est une révérence irrévérencieuse faite au jour de notre naissance, celui qu’on a appelé plus tard Renaissance, afin de le peindre sans doute aux couleurs de la fatalité. 

 

 

EXTREME/MALECANE

Un ring blanc, sans pitié, qui se teinte de couleurs pastel.

D’un côté, quatre jeunes qui comme les autres, écoutent du rap, dansent ensemble, font du sport, regardent Netflix, tombent amoureux. De l’autre, la peur, la haine, la précarité, la recherche de sens et le besoin d’appartenir à une communauté. Des sentiments récupérés par les partis d’extrême-droite et qui influencent le regard des quatre jeunes sur le monde.

Deux comédiennes et deux comédiens emmènent le public dans un voyage troublant à travers la Belgique, l’Italie, la Grèce et la France. À partir de fragments de paroles et de corps, ils composent une fresque entre théâtre et performance pour faire ressentir les moteurs de la propagation d’un discours de plus en plus séduisant et alarmant.

Dernière récolte

Une ferme dans le Hainaut. Un père wallon, une mère flamande. Dans la baraque, ça gueulait sévère dans une langue, puis dans l’autre. C’est là, dans cette ambiance entre culture de céréales et élevage de bétail, que deux frères ont grandi. Les années passent. L’un est parti. L’autre est resté. Un matin, le père tombe, et dans sa chute, c’est l’équilibre de la ferme qui vacille. On découvre alors, qu’au milieu des champs, existe un désert où se perdent les pères et les fils.

Dernière récolte est un désir brûlant de fiction. L’auteur-metteur en scène montois, Axel Cornil, signe ici une création intime, en creux, qui emprunte juste ce dont il a besoin au documentaire, au cinéma et à la musique, pour raconter. Il y a la cour de la ferme où on joue aux fléchettes, la cuisine sommaire où le café coule à flots, l’appel incessant des bêtes derrière le hangar. Et il y a les histoires de cowboys, celles qu’on s’imagine pour échapper aux factures impayées et au labeur sans fin. Au rythme des saisons, se déplient les paysages et l’histoire d’une famille qui se débat entre ses non-dits, ses hontes et son besoin de tendresse.

Avec son équipe d’interprètes-musiciens, Axel Cornil nous livre un western social, un drame familial sur fond de blues made in Belgium avec son lot d’humour potache et ses souvenirs de campagnes aux relents de houblon et de sauce andalouse.