Le 10 janvier 2024, ma mère est décédée. Ce jour-là, si les mots m’ont échappé, je me souviens de mon geste : j’ai mis un genou à terre, sur le parquet de ma cuisine. Lorsque je me suis relevée, mes larmes avaient séché et s’est ouvert en moi une faille qui depuis, n’a cessé de grandir.
Sur scène, une fille désormais sans mère raconte à partir des archives de son histoire familiale. Chaque souvenir est la pièce d’un puzzle : un bijou, des photos de Kinshasa, une voix qui grésille sur une vieille cassette audio, un silence. Avec Failles, elle remonte le fil invisible qui relie la douleur du deuil à l’histoire coloniale de République Démocratique du Congo.
Slam, récit et vidéo s’entrelacent en un poème scénique où l’intime est toujours politique. Il s’agira d’une cérémonie profane, de relier les mondes, de réparer les silences et de faire de la perte un lieu de puissance.
Joëlle Sambi sonde, un genou à terre mais debout, les violences qui empêchent les rituels, déplacent les corps, déchirent les langues.
