Koko Slam Gang

Avec le Manguier en Fleurs

Solola bien
Création 2022

Les slameuses Joelle Sambi et Lisette Lombé et les « Kokos » tissent des liens entre deux générations pour un spectacle-témoin.

Sur scène, les récits s’entrechoquent, se rejoignent et les souvenirs sont vivaces : des grains de sable virevoltants au rythme d’une fanfare à Matadi un certain jeudi 30 Juin 1960, au silence tenace malgré le bruit de la télé dans la solitude d’un appartement bruxellois. Et entre les deux, la nécessité de ces paroles qui ne couvrent que trop rarement le bruit des racines qui se perdent et des liens qui s’étiolent.

Avec la création du spectacle KOKO SLAM GANG, c’est aussi l’élégance de la danse, des chants et du vêtement qui se fête. C’est la poésie qui s’invite et s’impose dans le concert du « vivre ensemble ». Ce sont des mots à écouter, ceux-là même qui martèlent. C’est jeter un pont entre deux berges pour que chacun.e l’emprunte, enthousiaste, à la rencontre de l’autre. Aucune traversée ne se fera sans la danse et la musique, aucune traversée ne se fera sans la parole de celles qui se tiennent d’un côté de la rive et s’entende dans toute sa vérité, sa dureté et ses joies.

« Koko », grand-mère comme on dit au Congo, « senior » comme on dit ici.

Angélique, Rosaline, Félicienne, Alphonsine, Régine, Tshibundulu et leurs consœurs choristes ont entre 70 et 90 ans et sont le Koko Slam Gang.

« Koko » devient, à présent, aussi le nom d’un groupe de femmes slameuses amateures et conteuses congolaises.

Un spectacle de slam intergénérationnel, émaillé de chant et de danse, interprété par un groupe unique de grands-mères plus qu’énergiques et de deux poétesses slam chevronnées, Joëlle Sambi et Lisette Lombé.

 

Que savent ces anciennes que les plus jeunes ont oublié ? Quelles leçons de vie, quelles forces ont-elles à transmettre ? Quels secrets renferment leur cœur ? Quelles images ont-elles conservées dans leur mémoire sur l’histoire intime, les liens entre la Belgique, le Congo, la migration, etc. ? La crise sanitaire a fragilisé davantage ce qui l’était déjà. Les plus fragiles d’entre-nous, les personnes âgées écopent de la double peine : isolation et silence.Pourtant, créer, produire une parole collective dans un contexte d’une telle intensité morose : qu’avons-nous fait de nos vieux ?