Chauv·e est un stand-up drag tendre et irrévérencieux. Sur scène, Blanket La Goulue démonte le patriarcat en chansons détournées, convoquant France Gall ou Helmut Fritze pour faire résonner son histoire : celle d’un corps hors cadre, d’une voix en transformation, et d’un être qui cherche à s’inventer loin des normes. Entre confidences, humour et récits personnels, Blanket transforme ses failles en manifeste sensible, sa calvitie en ornement, et le cabaret en espace de lutte partagée. C’est politique sans dogme, queer dans ses contradictions, réparateur, et un brin utopique.
On y traverse l’écriture inclusive, la non-binarité et les peines de cœur, dans un monde qui vacille, s’éveille, et se cherche. Chauv·e s’adresse à celles, ceux, celleux qui doutent, qui questionnent, ou qui pensaient avoir tout compris. Un spectacle lucide et audacieux, qui rassemble là où tout semble diviser.
À la mort de sa grand-mère, une petite fille-marionnette décide qu’elle, on ne la mettra pas dans une boîte à la fin du spectacle. Elle refuse le générique du film qui défile, la sonnette de la récréation qui retentit, les dimanches soirs ou les vacances d’été qui s’achèvent.
Le temps passe. Devenue biologiste, fascinée par la méduse immortelle Turritopsis nutricula, elle plonge dans ses recherches pour échapper à son propre destin.
La Brèche est le récit d’une marionnette qui rejette le chemin tout tracé qui lui est imposé, réécrit son existence et ouvre finalement le champ des possibles en acceptant sa nature de marionnette. Entre humour tendre et poésie visuelle, elle transforme le spectacle en aventure collective, en pas de danse, en moment d’intimité partagé, en chanson. Une épopée minuscule et universelle, où chaque mouvement, chaque souffle, fait résonner la question du temps qui passe et de ce que nous en faisons.
Après le succès retentissant de Pouvoir, Une Tribu revient avec une création vibrante, où virtuosité et émotion tissent une expérience inoubliable.
Dire les marges aux rythmes du slam et des beats électroniques, en extraire la beauté, le vacarme et les rages qui y suintent. « Caillasses Live » est un récital poétique, électrique et saphique tiré du livre éponyme. Un femmage politique qui fait grincer les dents parfois, fait vibrer les corps aussi et réchauffe les cœurs assurément.
Avec son recueil de poésie, Joëlle Sambi tisse une étoffe. Elle assure la protection des vivants et le passage des mots. Une plume affilée, aussi profonde et pleine que la forêt équatoriale. Tel un manifeste poético-politique, elle y déploie les cicatrices d’un corps-âme mâtiné de violences raciales, sexistes et homophobes. Sa langue se pare de mille éclairs afin de partager les raisins mûrs de la colère. C’est tout cela qu’elle porte sur scène, à la rencontre de l’univers musical de Sara Machine.