Una Foresta

Quatre jeunes adultes, trois langues différentes, un abribus au bord d’une forêt vert asphalte.
Quatre individus sur le fil d’un présent précaire qui décident de se perdre dans une nuit d’été.
Se perdre entre elleux, leurs souvenirs, leurs rêves, leurs projections vers un futur brouillé.
Chercher l’aube ou une percée de lumière même inventée parce que « ce serait bien de voir une luciole ». Se casser le nez pour donner un sens à l’incohérence. S’orienter entre histoires personnelles et références collectives. Ouvrir des brèches féroces d’imaginaire.

Quatre acteuri.ces tissent un récit choral entre absurde et réel pour imaginer de nouveaux sentiers dans un monde où il y a trop peu de marques sur les arbres pour guider le chemin.

Caillasses Live

 

Dire les marges aux rythmes du slam et des beats électroniques, en extraire la beauté, le vacarme et les rages qui y suintent. « Caillasses Live » est un récital poétique, électrique et saphique tiré du livre éponyme. Un femmage politique qui fait grincer les dents parfois, fait vibrer les corps aussi et réchauffe les cœurs assurément. 

Avec son premier recueil de poésie « Caillasses », édité chez l’Arbre de Diane, Joëlle Sambi tisse une étoffe. Elle assure la protection des vivants et le passage des mots. Une plume affilée, aussi profonde et pleine que la forêt équatoriale. Tel un manifeste poético-politique, elle y déploie les cicatrices d’un corps-âme mâtiné de violences raciales, sexistes et homophobes. Sa langue se pare de mille éclairs afin de partager les raisins mûrs de la colère. C’est tout cela qu’elle porte sur scène, à la rencontre de l’univers musical de Sara Machine.

 

Home

“Home” est le terme qui désigne une maison de retraite en Belgique.

“Home” est un anglicisme qui signifie foyer, chez-soi.

Trois résident·e·s attendent.
Une table, trois chaises, une horloge, un fauteuil, une radio.
C’est une salle commune. Un espace pour être ensemble, un espace où l’on est seul.
Il ne se passe rien.
On attend le·la médecin, un appel, ou une visite.

Comment faire entrer 90 ans d’existence dans une chambre de 15 m2 ? Et que voit-on du monde depuis ces endroits-là ? Maison de retraite, hospice, Ehpad en France, home en Belgique : la diversité d’expressions pour nommer les lieux où l’on « place » nos aîné·e·s cache mal leur décor désespérément uniforme et aseptisé.

Dans HOME de Magrit Coulon, trois jeunes comédien·ne·s prêtent leurs corps aux voix des anciens. D’un tableau à l’autre, véridique ou vraisemblable, la rythmique d’un quotidien en huis-clos, la mécanique des mouvements et des latences, des souvenirs et des espérances, transforment la maison de retraite en un espace de vies et de fantasmes.

Finis ton assiette !

Des convives, de la soupe, des bruits de mastication. La joie de manger avec les doigts, un chef cuisinier simiesque, des larmes de pelures d’oignon, une femme à la voix velouté. Et du suffrage universel, des sculptures de mie de pain aussi, des casques audio surtout mais pas que…

A l’heure où l’alimentation occupe la scène médiatique avec les « Top Chef » et autres « Dîners presque parfaits », à l’heure où les nourritures sont des enjeux politiques, sanitaires ou religieux, Sara Selma Dolores invite le public à un banquet à mi-chemin entre le symposium, le voyage extra-temporel et la pop’musique. Avec ses convives, la compagnie Thank You For Coming se demande : pourquoi le peuple réclame-t-il toujours du pain et pas de la brioche ? Pourquoi qualifions-nous la chanson populaire de -soupe-? Qui porte le toast de qui ? Qui a croqué dans la fucking madeleine de Marcel ?

Ravachol

Spectacle à l’atmosphère brute, Ravachol est un mélange joyeux d’humour potache et de sérieuse insolence. Quatre acteur, quinze personnes et une course-poursuite qui trace un lien entre la France post-révolution et l’Europe d’aujourd’hui.Le jeune auteur belge Axel Cornil signe l’écriture et la mise en scène d’un spectacle aux allures de polar américain qui questionne la radicalisation politique, le besoin d’amour et d’insurrection.

Une bande d’amis. Quelques bières. Des conversations animées. Dehors, il n’y a plus de travail ; le chômage est partout. La crise fait les titres des journaux. Dans la rue, la police fait régner l’ordre. La jeunesse est ballottée entre cynisme, désespoir et radicalisation. Du chômage au banditisme, en passant par l’anarchisme et le terrorisme, on découvre le parcours chaotique d’un homme en proie à l’injustice de l’ordre et la violence de la misère : Ravachol.

Du béton dans les plumes

Ils sont quatre garnements barbus tout descendus des collines charbonneuses de Belgique…Sous les yeux des spectateurs, ces « gamins d’merde » dessinent l’histoire de Pétrone, jeune garçon né en 1990 sur une terre épuisée par l’ère post-industrielle. A 25 ans, il hérite de la maison familiale en suine. Entre les travaux et les souvenirs, ce chef de chantier d’un jour doit décider ce qu’à son tour il veut laisser derrière lui.

Les acteurs, avec une fougue et une fureur que seule la jeunesse s’octroie, vous entraînent dans l’histoire d’une famille, d’une région, d’une génération. De rebond en rebond, d’un personnage à l’autre, ils prennent en charge une narration où se croise la chute d’Icare, les cigarillos de nos grands-pères, les sandwichs mous des enterrements, le porto de la mère et les oiseaux sans têtes des repas de famille.